Chypre Nord - Festivals du Sud

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ENSEMBLE FOLKLORIQUE NATIONAL « HASDER »
REPUBLIQUE TURQUE DE CHYPRE NORD


L’île de Chypre située au nord-est du bassin Méditerranéen, ressemble à un porte avion ancré entre deux puissances qui s’en partagent le contrôle. Au nord, la Turquie, au sud, la Grèce, délimitant ainsi son territoire par la « ligne verte », véritable ligne de démarcation, qui est de fait une zone démilitarisée et contrôlée par les casques bleus de l’ONU. L’état de Chypre du nord n’est reconnu que par la Turquie, car l’ONU et le conseil de l’Europe considèrent la partie nord de l’île comme occupée par la Turquie.

Le folklore occupe une place importante chez les Chypriotes turcs, qui, en raison de leur situation géographique, ont bénéficié d’une variété de cultures. Romains, Byzantins, Vénitiens et Turcs ont tous influencé le patrimoine culturel de cette île méditerranéenne. Et derrière une division apparente avec les grecs, une même culture plus cachée. L’Ensemble folklorique national « Hasder » de la république turque de Chypre du nord, créé en 1977,  est pétri de ces influences qui déterminent la qualité de son spectacle.

La plupart de ses danses sont consacrées aux thèmes de la vie quotidienne ou d’évènements spéciaux. Ceux de la terre, belle, rude et sèche qui porte une agriculture traditionnelle et familiale. Aussi beaucoup de ses danses lui sont-elles dédiées : le transport de l’eau, les travaux des champs, la moisson qui est la grande fête de l’été, comme la faucille est l’instrument symbolique de l’île. Ceux de la vie quotidienne, marquée par les fêtes, dont celle du mariage qui prend ici une résonance particulière. La musique de ces danses contient des paroles qui renforcent l’effet des mouvements dans les danses.

La principale tâche de ce peuple est de transporter l’eau dans une île-nation où, ironiquement, l’eau est rare et précieuse.

Le « Kozan Oyunu », dansé par les femmes et parfois les hommes, portant des cruches, rappelle la charge portée, l’accomplissement des tâches et vicissitudes qui jalonnent les chemins vers les sources. « Orak », qui signifie faucille, raconte les hommes agriculteurs qui utilisent celle-ci comme un jeu, en les jetant et les attrapant, aidés des femmes qui leur apportent de l’eau dans des cruches, car ils sont assoiffés et fatigués. « Kozan », représente un moment de la cérémonie d’un mariage et est dansé par les femmes avec une cruche d’eau. La mariée brise la cruche en la jetant au sol, ce qui symbolise un bonheur éternel. Une autre croyance est que les pièces de monnaie ou des bonbons mis à priori à l’intérieur du pot, font que la cruche une fois cassée, symbolise la fertilité. Les « karsilamas » sont dansés par deux ou plusieurs danseurs, mis en situation de face à face et symbolisent l’amitié. L’aigle, oiseau symbolique de l’île, a donné naissance à la danse « kartal » qui représente la lutte d’un aigle à ne pas laisser sa proie à être saisie par d’autres aigles.

Les instruments de musique et les costumes sont également d’un grand intérêt. Si les costumes des hommes semblent parfois austères, par contre les jeunes filles portent de superbes vêtements enrichis de bijoux. Elles ont la grâce à la fois grecque et orientale, qui colle bien avec une musique fortement marquée par l’influence du Proche Orient voisin.

Une île à découvrir au vent de l’éternelle Méditerranée qui pousse, bien au delà des limites posées par les hommes, son même souffle culturel depuis vingt siècles.


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