République du Tatarstanlafage2013 - Festivals du Sud

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ENSEMBLE FOLKLORIQUE NATIONAL
«KAZAN»

REPUBLIQUE DU TATARSTAN

Si vous prenez un jour le mythique Transsibérien qui vous mènera vers l’est, lorsque vous aurez passé la Volga et que les premiers paysages annonceront la proximité de l’Oural, alors vous pénétrerez dans la République du Tatarstan, puis dans sa capitale Kazan dont le ballet national porte le nom. Alors, en sortant de la gare, peut-être tomberez-vous nez à nez avec l’un des garçons ou l’une des filles que vous aurez applaudi cet été.

Des Tatars, il est possible d’en trouver dans toute la Russie, car aucun peuple, mis à part les Cosaques, ne s’est autant dispersé. Mais c’est ici qu’ils ont toujours été les plus nombreux :

Trois millions sept cent mille à y peupler un état désormais indépendant. Autrefois le pays était Tatar à cent pour cent, mais la volonté des Russes blancs venus de l’ouest les a fait occuper une partie des terres vierges. Ces nouveaux arrivants sont aujourd’hui un million et demi dont la plupart sont orthodoxes, alors que les Tatars sont musulmans. Et pourtant les questions de races ou de religions ne se posent pas ici. La nouvelle liberté acquise a permis aux Musulmans de construire plus de six cents mosquées dans la seule ville de Kazan.

Depuis 1552, date à laquelle Ivan le Terrible fit raser toutes les mosquées de la ville, les Tatars ont appris à être patients et prudents. Aujourd’hui ils revendiquent haut et fort leur propre originalité mais sans heurt avec le pouvoir central de Moscou, avec lequel ils sont parvenus à obtenir la constitution d’un « état souverain, sujet de droit international » pour reprendre la formule concoctée au Kremlin. En 1994, ils ont signé un « traité de délégation réciproque ».

Ceci explique la vivacité de la renaissance culturelle de ce peuple et la troupe que vous allez découvrir en est l’exemple le plus brillant. Depuis des siècles, les chants et les danses tatars fascinaient la Russie. Aujourd’hui elles séduisent le monde. Leur contenu humain est plein de simplicité et de générosité. Les Tatars ne sont plus cette «
horde d’or » dirigée par Gengis KHAN qui terrifia l’Europe. Ils ont acquis une sagesse pleine de tendresse, de courage et de dignité. C’est avec une émotion profonde que leurs historiens et leurs artistes sont allés chercher dans la nuit des siècles des raisons de croire en l’avenir de leur culture.

Le chœur, qui accompagne avec l’orchestre le spectacle, constitue un laboratoire artistique de toute première valeur pour faire revivre ce passé. Les danses sont vives, chaleureuses, pleines d’humour. Les danseurs sont infatigables et beaux. Les costumes sont hauts en couleurs, enrichis d’ornements et de bijoux, taillés dans des étoffes chatoyantes. Les bottines des jeunes filles sont artistiquement brodées. Les visages des artistes ont les pommettes hautes et les yeux en amandes. Ces détails ne font que contribuer à l’élégance un peu mystérieuse de cette jeunesse.

Alors, le Transsibérien reprendra sa route et ces éclatants visages s’effaceront dans la buée des vitres. Avec eux, vous aurez déjà connu l’Asie sans tout à fait oublier l’Europe…


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