Tahiti - Festivals du Sud

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choeurs et danses
de polynésie


Manahau
Le spectacle de MANAHAU – Chœurs et danses de Tahiti est un moment rare. Il chante les légendes et le passé d’un pays et d’un peuple qui se cherchent dans les récits de ses ancêtres, en projetant ainsi les images d’une mémoire collective.

Avant l’arrivée des Européens, le système des castes cloisonnait le peuple polynésien afin de permettre aux rois et aux reines de mieux diriger les clans qu’ils dominaient. Tandis que les seigneurs, les « Arii », bénéficiaient d’une foule de privilèges liés à leur sang, le petit peuple, le « Manahune », ne pouvait que se soumettre aux contraintes des saisons de l’agriculture, de la pêche et de la guerre.

Toutefois, conscients de la fragilité de leur supériorité, les « Arii » profitaient de la période d’abondance pour lever les « tabu » afin de maintenir la ferveur de leur peuple. Ainsi, ils obtenaient sa dévotion. Ce mot, déformé en tabou dans les langues occidentales, a gardé en Polynésie toute sa charge occulte et menaçante.

La tradition voulait qu’à cette occasion de grandes fêtes soient organisées, durant lesquelles chaque sujet pouvait jouir de ce qui ne lui était pas permis. Mais cette courte période nécessitait une longue et minutieuse préparation. Des signes tels que l’arc-en-ciel, la voûte du ciel en mouvement, une aube chatoyante, signifiaient que le moment était venu de se libérer du « tabu ». Le grand prêtre désignait alors le tambour sacré, « Pahu Nui », et annonçait la levée des interdits.

De nos jours, ces cérémonies ne sont plus d’actualité mais les « tabu » sont restés entiers. C’est sans l’autorisation des seigneurs de la danse que la jeunesse, riche de sa fierté, de sa beauté et de son insolence, exprime son refus de se soumettre invoquant à son tour le dieu de sa croyance.

De la centaine d’îles qui forment la Polynésie française arrive toujours un parfum de bonheur et l’appel des mers du sud. Le tonnerre des tambours, les « To’ere », explose dans la nuit en une giboulée sonore qui crépite jusqu’au fond des poitrines. Et s’arrête net, livrant soudain l’espace à un silence saisissant. Puis la voix des tambours ébranle à nouveau les « banyans ».

Alors résonne le « pu », énorme conque marine, et les danseurs se font tour à tour aériens ou voluptueux. Dans le martèlement des « pahu », ils chantent les paroles anciennes, battant le sol de leurs pieds. Et, face aux vents, aux nuées, à l’océan immense, aux dieux, ils affirment ainsi la fragile existence des humains.

Cocktail de vahinés aux cheveux de jais, « more » flamboyants ondulant avec frénésie, « tanés » aux corps sculptés, mélodies veloutées, légères ou graves, soutenues par un orchestre et une chorale en parfaite harmonie, regardez, écoutez, c’est MANAHAU.

Et quand le soleil plonge dans l’océan, l’or du soir prolonge ses ultimes rayons.

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